Petit manuel de résistance à l’invasion de l’intelligence artificielle
générative.
Depuis quatre ans, l’intelligence artificielle générative rebat toutes les
cartes : sur le travail, l’art, la création, le savoir, l’éducation, l’économie.
Face à cette déferlante, nous sommes tentés de nous laisser aller, telle Ophélia
dans les eaux profondes, et renoncer à exercer sur elle un jugement critique : «
A quoi bon ? De toute façon, elle est là », soupire Michel Super, le
technofataliste. Dans un essai au vitriol, d’une ironie cinglante, habité par
les figures de Jacques Ellul et de Georges Bernanos, Abel Quentin dénonce notre
ivresse technologique, qui aggrave la crise écologique. Il fait un constat
abrupt : l’homme augmenté est un homme diminué en devenir. Dans notre monde
volatil et dangereux, les sociétés qui protégeront l’intelligence humaine
pourraient bien détenir, à long terme, un avantage décisif. Il appelle au
sursaut : pas un baroud d’honneur, mais une fronde joyeuse et transgressive.