L’île de Lesbos : ses plages paradisiaques, ses chats qui se dorent au soleil,
mais également… son camp de réfugiés. Parmi les milliers d’individus qui
survivent tant bien que mal, Hasan, Ezra et leur fils Samir viennent de Syrie.
Le petit garçon voudrait jouer au foot avec les autres enfants, courir et
s’amuser, mais entre les barbelés qui restreignent ses mouvements, les souvenirs
qui le hantent et son problème au cœur, il reste peu de place. Dans les
containers du camp, qui font office de logis, les jours se répètent et sont
rythmés par des interrogatoires dont l’issue est soit la délivrance d’un
passeport, soit un refus pouvant entraîner une détention. Quand une famille a la
chance de pouvoir quitter le camp, une autre la remplace. C’est ainsi qu’un
couple d’Afghans et leurs deux enfants s’installent avec Samir et ses parents.
Et Samir de devenir guide pour la jeune Lida, avec un téléphone pour traduire
l’arabe en dari. Il lui montre les sanitaires sans eau chaude, la débrouille
avec l’avocat du Yémen devenu coiffeur, l’infirmière de Somalie qui tient un
salon de beauté improvisé ; les bâtiments laissés vides pour que les réfugiés
n’aient pas une vie trop confortable. Et pendant ce temps, Hasan et Ezra se
préparent pour le prochain interrogatoire…
Depuis 2017, Aimée de Jongh s’est rendue à plusieurs reprises sur l’île de
Lesbos pour se documenter sur les camps de réfugiés. La photographie et le
tournage y sont interdits, mais Aimée a pu dessiner. Ainsi, en parallèle de ses
carnets publiés sous le nom de Dessiner Lesbos, l’autrice de Jours de sable crée
à nouveau une fiction, Samir, nourrie de faits tristement réels.