Dans nos sociétés modernes, la mort s'est peu à peu retirée du regard des
vivants. Jadis entouré des siens, le mourant est désormais isolé derrière les
murs des hôpitaux ou des maisons de retraite, véritables déserts de solitude.
Entre progrès médicaux et perte du sentiment religieux, la prévalence de
l'individualisation qui caractérise notre époque a conduit à ce que vieillir
signifie devenir de plus en plus seul. Avec une lucidité bouleversante, Norbert
Elias analyse en sociologue cette dissimulation silencieuse du mourir. À l'abri
de tout passéisme, il nous invite à repenser les structures collectives de la
solidarité nécessaires pour redonner une place à nos aînés. Une tâche d'autant
plus urgente que comprendre la mort c'est aussi mieux comprendre la vie.