L’histoire de la cafetière Bialetti commence dans un village du Nord de
l’Italie, un jour de 1936. Au petit matin, une jeune femme remplit d’eau, puis
de linge sale, une lessiveuse placée dans le jardin de sa maison. Dans l’ombre,
son mari la regarde et attend le moment où elle va faire partir le feu avec une
allumette glissée sous le conteneur pour que l’eau, en bouillant, monte jusqu’au
linge. Ce principe pourrait-il être appliqué à une autre machine ? À une machine
à café, par exemple ? C’est à ça que pense Alfonso Bialetti, mécanicien fondeur,
en regardant Ada œuvrer. Il sort de sa poche un bloc de papier et un crayon et
dessine la première cafetière à induction. Dans son atelier, à proximité du lac
d'Orta, il applique tout ce qu’il a appris durant les quelques mois passés dans
une fonderie à Paris. Lorsque le prototype de la plus célèbre cafetière au monde
est monté Alfonso ne pense absolument pas pouvoir tirer profit de cette
invention élaborée pour son plaisir. C’est son fils Renato, avec son assurance
et sa gouaille qui la baptise Moka et la porte dans les années 50 à un succès
international en utilisant l’arme de la réclame. Il en vend plusieurs millions
d'exemplaires. La petite cafetière rentre au MoMA à New-York. Une romanesque
histoire familiale et industrielle.